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Pourquoi est-il si difficile d’être écolo ?

Non, il ne s’agit pas d’un énième article visant à vous culpabiliser sur l’écologie. Et je ne vais pas non plus prôner la décroissance, au risque de heurter les écologistes convaincus. Mon but est plutôt d’approfondir sur un terrible paradoxe psychologique quand on parle d’écologie, d’environnement ou même de social.

Prêts ? Allons-y !

 

Pensez-vous qu’il faille changer notre manière de consommer ?

Selon un sondage Opinionway, 8 français sur 10 se disent prêts à changer leurs habitudes de consommation.

 

La prise de conscience de l’urgence écologique est bien présente en France. Il est devenu rare qu’une semaine s’écoule sans que les médias n’en fassent leur une. Et il est vrai que les chiffres sont sans équivoque :

Une chute de 58 % de la population des vertébrés entre 1970 et 2012 (source)

Un recul de 80 % de la population d’insectes volants en 30 ans (source)

80 % du nombre de catastrophes naturelles entre 2002 et 2017 (source)

3 °C et le niveau des océans était supérieur de 20 mètres (source)

 (date de début des enregistrements) ont eu lieu depuis l’an 2000 (source)

Et la liste est longue ! Encore quelques personnes sont dans le déni mais leur espèce est heureusement aussi en déclin.

 

Je peux comprendre que ces chiffres ne vous empêchent pas de dormir, mais ça devrait être le cas. Les interventions de scientifiques de renommée mondiale se multiplient pour alerter de la catastrophe sans précédent qui s’annonce.

 

C’est un peu comme si nous vivions tous ensemble dans une grande maison en bois. Un incendie a commencé à la cave, les scientifiques hurlent pour prévenir tout le monde du danger imminent, et nous, on continue à se battre pour la chambre la plus grande.

Heureusement nous sommes de plus en plus nombreux à les écouter. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé en France et dans le monde le samedi 8 septembre 2018 pour pousser le gouvernement à agir.

 

Vous-même, vous vous dites peut-être qu’il faut absolument agir et faire changer les mentalités. Vous êtes peut-être même engagé dans certains mouvements exhortant les entreprises, le gouvernement, l’Europe ou même la communauté internationale à intervenir, et vite !

Et la liste est longue ! Encore quelques personnes sont dans le déni, mais leur espèce est heureusement aussi en déclin.

 

Je peux comprendre que ces chiffres ne vous empêchent pas de dormir, mais ça devrait être le cas. Les interventions de scientifiques de renommée mondiale se multiplient pour alerter de la catastrophe sans précédent qui s’annonce.

 

C’est un peu comme si nous vivions tous ensemble dans une grande maison en bois. Un incendie a commencé à la cave, les scientifiques hurlent pour prévenir tout le monde du danger imminent, et nous, on continue à se battre pour la chambre la plus grande.

Heureusement nous sommes de plus en plus nombreux à les écouter. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé en France et dans le monde le samedi 8 septembre 2018 pour pousser le gouvernement à agir.

 

Vous-même, vous vous dites peut-être qu’il faut absolument agir et faire changer les mentalités. Vous êtes peut-être même engagé dans certains mouvements exhortant les entreprises, le gouvernement, l’Europe ou même la communauté internationale à intervenir, et vite !

Mais prenez une minute et demandez-vous …

 

Avant de nous intéresser à ce que peuvent faire nos dirigeants, concentrons-nous sur nos propres actions. L’ADEME, entre autres, est catégorique. Les lois peuvent accompagner la transition, mais les citoyens doivent changer leurs habitudes. La transition n’est alors pas imposée mais naturelle. Par exemple, si les consommateurs n’achètent plus que des produits bio, les producteurs et les entreprises évoluent et investissent dans ces produits. Quant à l’Etat, il n’a plus qu’à accompagner la transition et non plus uniquement à appliquer des pénalités.

 

Bon, si vous lisez ces lignes c’est sûrement que vous êtes sensible à la protection de notre environnement. Vous avez donc déjà changé plus ou moins radicalement votre manière de consommer. Mais jusqu’où seriez-vous prêt à aller ?

 

Éteindre les lumières dans les pièces vides ? OK facile. Consommer bio et local ? Bien sûr, du moment que c’est abordable. Prendre des douches de 5 minutes maximum ? Pourquoi pas, mais pas en hiver. Favoriser les déplacements à vélo ? Pas évident, j’habite loin

Limiter le chauffage à 19°C en hiver ? Euh … Acheter en vrac, faire ses produits ménagers, acheter d’occasion uniquement, ne plus prendre l’avion, avoir des toilettes sèches, réparer ou réutiliser mais ne jamais jeter… ?

Je vous rassure, moi non plus je ne coche pas toutes les cases ! Et pourtant je fais partie des personnes convaincues que d’ici 10 à 20 ans nous allons connaître des changements radicaux qui vont bouleverser notre façon de vivre. Le point de non-retour aurait d’ailleurs été atteint en 2016 selon une étude de l’Université de Yale. Et il est évident que le seul moyen de minimiser les dégâts serait d’adopter ces comportements écoresponsables.

 

Sur le papier tout le monde est d’accord, mais dans les faits …

 

Suite à la démission du gouvernement de Nicolas HULOT en août 2018, un sondage Ifop a révélé que 78 % des français étaient favorables à ce que l’écologie soit la priorité de l’exécutif.

Et pourtant les comportements de ces mêmes français ne suivent pas. A Paris, 4 % des déplacements seulement se font à vélo, alors qu’il a été démontré qu’il s’agit du moyen de transport le plus rapide dans la capitale (un quart d’heure en moyenne). D’un point de vue consommation, 27 % des français seulement achètent des produits respectueux de l’environnement et 35 % achètent des fruits et légumes de saison.

Les mouvements écologistes et les associations se battent au quotidien pour que nous prenions conscience de l’urgence, et que nous changions nos habitudes. Les entrepreneurs de la GreenTech, eux, créent des produits et des applications innovants pour nous permettre d’améliorer notre impact sur l’environnement tout en minimisant nos efforts. Mais tous se heurtent à ce triste paradoxe :

 

Une majorité veut agir, mais une minorité fournira de réels efforts

C’est pourquoi, depuis le rapport Meadows de 1970 alertant pour la première fois des risques d’épuisement des ressources naturelles, nos habitudes en termes de consommation ont évolué très lentement.

 

Alors comment changer ça ?

 

Prendre conscience de nos barrières psychologiques

 

Dans son rapport, l’ADEME s’appuie sur des études sociologiques afin de trouver les bons leviers, ou nudges, permettant d’encourager les bonnes pratiques. Plusieurs barrières psychologiques sont belles et bien présentes et bloquent les citoyens dans leur transition.

 

Votre impact semble infime

L’une des raisons qui vous fera certainement hésiter avant de vous lever cette nuit pour débrancher votre box, c’est que l’impact vous parait infime. Comparée à la consommation d’une ville entière, ou juste à celle du magasin du coin qui laisse ses vitrines allumées toute la nuit, votre TV en veille semble peu énergivore.

 

Il est très difficile pour un particulier aujourd’hui d’appréhender l’impact réel de ses actions. Des applications existent pour visualiser sa consommation électrique par exemple, mais rien ne permet d’évaluer son empreinte environnementale globale.

 

Pourtant les chiffres sont bien réels, les appareils en veille représentent 10 % de la consommation annuelle d’un foyer français. Si on cumule ces dépenses sur les 67 millions de français, les appareils en veille consomment autant que… deux réacteurs nucléaires.

 

Oui, toutes vos actions du quotidien ont un sens, il faut éviter de céder à la tentation du consumérisme et de l’abondance.

 

Le marketing vous pousse à consommer

Chaque jour, les entreprises nous “rappellent” qu’il faut consommer pour être heureux. En France, nous serions ainsi exposés à un nombre de publicités par jour variant de 350 et 15 000 , en fonction du temps passé sur les réseaux sociaux.

 

Certes le marketing suit les tendances … Vous avez certainement remarqué la multiplication des publicités pour les produits bio, français ou basse consommation ces dernières années. Comme nous nous intéressons de plus en plus aux produits écoresponsables, le marketing surfe sur la vague.

 

Bien sûr que consommer “beaucoup et bien”, c’est mieux que consommer “beaucoup” … Mais ça reste beaucoup. Si nous pouvions nous permettre une transition lente, ça suffirait, mais ce n’est pas le cas. D’autant plus que l’honnêteté de certaines enseignes sur le caractère écologique de leur produits laisse à désirer.

 

Mais ça devient compliqué, n’est-ce pas ? Non seulement il faut consommer écoresponsable, mais en plus il faut moins consommer… Heureusement que c’est plus rentable !

 

Changer vos habitudes, c’est faire des économies

Alors oui, c’est vrai, la qualité ça se paie. Il est évident qu’entre un réfrigérateur bas de gamme à 150 €, et son équivalent Deutsch Qualität 5 fois plus cher, le choix semble facile. Mais quand on a une vision long terme, l’équation est tout autre.

 

N’avez-vous pas cette histoire dans votre famille d’un réfrigérateur de plus de 30 ans ou d’un lave-vaisselle quadragénaire ? Aujourd’hui la durée moyenne d’un lave-vaisselle est de 9 ans. Donc finalement, acheter de la qualité, même d’occasion, s’avère plus rentable sur le long terme, autant pour la planète que pour vous.

 

Les solutions existent et elles vous permettent d’améliorer votre confort avec des appareils de qualité, et des services d’accompagnement aboutis.

 

Alors qu’attendons-nous ?

 

Prenez le temps, vous en avez besoin

J’ai pas le temps pour ça moi, je travaille !

 

Si il y a bien une chose qu’on apprécie avec la technologie, c’est que c’est un gain de temps considérable ! Il n’y a qu’à regarder quelles sont les entreprises qui ont le plus percé : Google permet un gain de temps de recherche d’informations, Amazon permet de limiter le temps passé à nos achats, Facebook nous permet de rapidement nous tenir informés sur nos proches, et enfin, Apple nous permet d’avoir tout ça directement dans notre poche.

 

Mais cette hyperactivité a un coût. Comme nous avons la possibilité matérielle d’être connectés et informés, on attend de nous que nous le soyons. Ce qui engendre une croissance considérable du stress dans notre quotidien.

 

Ce stress donne un sentiment de ne plus avoir le temps, et vous appréciez d’autant plus les technologies permettant d’accélérer votre train de vie. Ce cercle vicieux fait, certes, le bonheur des coachs personnels et des yogi, mais il a un effet désastreux sur votre santé physique et mentale.

 

Donc la prochaine fois que vous hésiterez entre voiture ou vélo, ou entre produits maison ou industriels, gardez en tête que ce temps que vous allez prendre vous fera le plus grand bien. Si vous ne le faites pas pour l’environnement ou pour économiser quelques euros, faites le pour votre santé !

 

L’État n’agira pas à votre place

Le plus simple serait quand même que le gouvernement fasse le nécessaire !

 

Oui c’est vrai, l’État doit agir en mettant en place des systèmes qui accompagnent et favorisent la transition écologique. La COP21 avait d’ailleurs pour objectif de faire adopter des mesures engageantes par les pays signataires.

 

Certains militent ainsi pour l’abandon de notre modèle basé sur la croissance. C’est en effet un scénario idéal pour la transition ! Mais quel investisseur oserait placer son argent dans un pays qui refuse un modèle basé sur la croissance ?

Le libéralisme économique est un dilemme du prisonnier à l’échelle mondiale

 

Afin de minimiser les risques d’une crise économique qui pénaliserait tout investissement dans la transition écologique, il faudrait que plusieurs puissances mondiales changent en même temps de modèle économique. Sans une décision collégiale, il serait trop simple pour les marchés de transférer leurs investissements d’un pays à l’autre.

 

Je ne doute pas qu’il existe un scénario dans lequel le gouvernement peut effectivement agir avec force pour la transition, mais les risques sont élevés.

 

A l’inverse, on ne peut pas demander aux citoyens de porter tout le poids de la transition ! Des lois comme la taxation des emballages plastiques sont évidemment nécessaires, mais elles ne peuvent pas être trop pénalisantes. Si demain les emballages étaient taxés à 80 %, les entreprises apporteraient ce prix sur leurs produits ou bien utiliseraient des emballages naturels plus chers. Ainsi les premiers impactés seraient les consommateurs.

 

La solution est donc une action collective entre consommateurs, entreprises et gouvernement. Si les consommateurs eux-mêmes changent leur façon de consommer, les entreprises suivront la tendance de leurs clients. Il faut alors qu’elles fassent elles-mêmes l’effort de ne pas en profiter pour augmenter les marges, et investir dans la transition. L’Etat, lui, n’a plus qu’à encadrer cette évolution par des systèmes de bonus-malus.

 

Ne baissez pas les bras tout de suite, et commencez petit

Il est très difficile voire impossible de passer à un mode de vie frugal et zéro-déchets du jour au lendemain.

 

N’écoutez pas ceux qui vous disent que vous n’êtes pas cohérent parce que vous mangez bio mais que vous voyagez en avion. Ils se cherchent des excuses pour justifier leur propre inaction !

 

De nombreux entrepreneurs de la GreenTech et de nombreuses associations vous proposent des produits et des services pour réduire votre empreinte environnementale. De plus, ces actions limitent souvent l’impact sur votre mode de vie, c’est donc un excellent moyen pour se mettre le pied à l’étrier.

 

C’est comme pour arrêter la cigarette : calculez vos économies et renseignez-vous sur l’impact pour votre santé physique et mentale. Rejoignant des communautés sur ce sujets, elles sont souvent bienveillantes et encouragent plutôt qu’elles ne critiquent.

 

Mais surtout gardez en tête que tous les changements que vous mettez en place aujourd’hui sont un investissement pour demain. Tout le monde va devoir changer de gré ou de force. Les premiers à avoir évolué seront les plus adaptés au monde de demain.

 

Ecrit par Benjamin Peri, CEO & Co-Founder chez Pyxo

 

Originally published at https://medium.com on October 1, 2018.